jeudi 10 janvier 2008
Il ne faut pas faire attendre une envie de théâtre
Festival PATCHWORK 30 et 31 Mai Val d'Oise
PATCHWORK #3, LE festival de musiques électroniques d'Ile de France, revient avec les beaux jours vendredi 30 et samedi 31 mai 2008 pour deux nuits (21h-8h) et une journée entières d'immersion dans les cultures électroniques. Le festival aura lieu dans le Val d'Oise entre la déchetterie de Taverny, lieu atypique où des chapiteaux seront installés, la médiathèque de Taverny ainsi que le centre ville de Bessancourt investis pour l’occasion: le tout à 30 mn de Paris !
Focus sur les nouveautés
o Une programmation exceptionnelle et internationale axée sur des plateaux dub/drum’n’bass et élétro/techno afin de ravir le plus grand nombre
o Concerts, installations, performances alliant musiques électroniques, multimédia et arts vivants.
o L’accueil des jeunes pousses éléctro du Printemps de Bourges 2008
o L’arrivée du fluo et des kids dans le cadre d’une scène Tecktonik
o Une convention européenne du vinyle de musiques électroniques
o Un engagement écolo et citoyen renforcé
o …
Quelques noms :
BLOCKHEAD, DJ SIGNIFY, YUKSEK, X MAKEENA, DAVID CARRETA, MISSIL, BRAINDAMAGE, VADIM VERNAY, LENA, NORSCQ, MOBILIS IMMOBILIS, THE HACKER, LILEA NARRATIVE, MICROPOINT, DJ HYPE feat MC DADDY EARL, MATT CANTOR aka THE FREESTYLERS, KRAFTY KUTS feat DYNAMITE MC….
Maintenant, il ne vous reste plus qu’à patienter tranquillement jusqu’à fin mai.
Profitez de cette hibernation, car le marathon que PATCHWORK 2008 vous réserve sera intensif et riche.
www.patchwork-festival.com
www.myspace.com/patchworkfestival
Flavie PEZZETTA
LE TABAC EST -IL TOUJOURS TABOU???????
Ca n'est une nouvelle pour personne...... le tabac est interdit dans les cafés, resto et autres lieux de détente depuis le 1er janvier, minuit!
Adieu la petite pause café-clope.

Ce sujet reste polémique.... pour, contre, bof, pas d'opinion...
Est-ce une atteinte à la liberté????
Va-t-on enfin pouvoir respirer dans les cafés?
Alors, en guise de dernier au revoir, voici les grandes heures de la cigarette.
les femmes des années 20. C'est l'heure de la garçonne, où fumer donne un style et une prestance.
Les américains en juin 1944:distribution de cigarettes aux libérés
Les soldats:rémunération en cigarette (mon père envoyait ses cigarettes d'Algérie à ma mère...)
Gainsbourg et son inlassable cigarette

Mais le tabac est depuis quelques temps la cible de nombreuses mesures répressives:
nombreuses campagnes, plus ou moins choc;

Ceci n'est pas le sujet, comment l'ex-fumeur peut-il résister à un besoin irrépressible de cigarette?
Voici quelques quelques petits subsituts qui peuvent vous aider à oublier notre bonne petite "garette". Essayez-les afin de déterminer lesquels sont les plus efficaces dans chaque situation.
sucer des bonbons sans sucre
Boire un verre d'eau ou de jus de fruits (non sucré)
Croquer des légumes crus
Faire travailler les voies respiratoires
patchs bien surs,
le chewing-gum,
le sport,
le chocolat (mais mauvais pour la ligne),
l'alcool (mais l'abus d'alcool est dangeureux),
mini chupas-chups dans un paquet de cigarettes, sans sucre, relax parfum agrume, détente et plaisir,

sexe,
cigarettes au chocolat,
bonbons

mercredi 9 janvier 2008
Passage du temps – Pinault Foundation - Tri postal – Lille 3000
Commissaire de l’exposition : Caroline Bourgeois qui s’est occupée de la constitution vidéo de Pinault entre 1999 et 2001. Actuelle directrice du Plateau, FRAC Ile-de-France.
97 œuvres créées par 39 artistes. 8 sections.
Le lieu : Tri Postal, Lille : lieu lié au travail, ancien service public, lieu atypique, sentiment de vécu, lieu non aseptisé. Possibilité d’avoir de grands espaces (6000m²) : très intéressant pour des projections vidéo et photo. Le spectateur peut avoir un recul suffisant pour apprécier l’œuvre mais également en faire partie.
L’expo se déroule sur 3 niveaux. Ce n’est pas une expo muséale classique. On doit revenir sur ces pas pour voir les autres espaces. Va avec les idées véhiculées par la vidéo : le mouvement et le flux. Les œuvres se font échos.
Deux interludes : espace de repos, de documentation pour le 1er et de lumière. Temps de respiration et de lumière entre les salles sombres où sont présentées les œuvres. Ce sont les seules pièces où il y a de la lumière du jour comme une ouverture sur le monde extérieur.
Scénographie :
- Bonne maîtrise de l’espace.
- Rajout de cloison et moquette.
- L’espace et la scéno permettent une confrontation des œuvres entre elles.
- Deux fils d’Ariane : _ Néons bleu au sol : minimaliste dans la veine de Dan Flavin. Rappel de la 1ère œuvre présentée.
_ Les télé au sol avec la vidéo d’Adel Abdessemed, Happiness in mite, 2003.
- Pédagogie : cartels, plan des espaces pour tous les grands thèmes avec pré-visualisation de l’espace par sa représentation sous forme son architecture intérieure.
Titres des sections simples pas seulement chronologiques mais également thématiques.
- Pas trop élitiste. Explication bien dosée.
Point faible :
Les œuvres interdites au moins de 18 ans ou 12 ans sont mal signalées et protégées du spectateur mineur.
L’exposition
Eblouissement
1ère salle : œuvre monumentale de Dan Flavin : Untitled (to Saskia, Sixtina, Thordis) sa plus grande œuvre qui n’a été exposé seulement 2 fois. La 1ère fois était en 1973 au Kunshalle de Cologne. Espace rythmé par 240 tubes de néons colorés sont disposés sur 2 murs de 50 m de long. L’œuvre joue avec le lieu, notamment les colonnes industrielles.
Les années 70
Apparition de l’image en mouvement.
Les artistes présentés ic sont des pionniers, précurseurs. Ils utilisent des moyens technologiques afin de changer l’idée d’œuvre d’art.
_ Cindy Shermann : Travaillant la série dès les années 60, la photographe nord-américaine, se met constamment en scène, sous des costumes et des maquillages différents.
Autoportraits : déguisement, interprétation des rôles. Série faisant partie de ses 1ers travaux.
2 séries : personnes attendant un bus et des possibles assassins.
- Untitled, Bus Rider Series (1976/2005).
- Untitled, Murder Mystery Series (1976/2000).
_ Gilbert and Georges : En 1969, ils se déclarent « sculptures vivantes ». Leurs pensées et leurs sentiments sont au centre de leur œuvre.
- A drinking sculpture, 1974.
_ Dana Birnbaum : Questionne l’usage de l’image et le rôle attribué aux femmes.
En se réappropriant une série télé, « La croisière s’amuse », elle manipule le spectateur.
1ère œuvre à utiliser des images issues de programme télé.
- A drift politics : Laverne & Shirley, 1979.
_ Martha Rosler : Annonces publicitaires de différents pays. Elle fait apparaître le caractère hégémonique des USA véhiculé par le cinéma et la tv. Idée naissante de mondialisation. L’artiste est engagée politiquement.
- Global Taste, 1985.
_ Marcel Broodthaers : Œuvre protéiforme. Il conçoit l’exposition comme un moyen de subvertir la notion d’art.
Une seconde d’éternité, 1970 : Autorité de l’artiste par la signature.
_ Adel Abdessemed : Happiness in mite : 7 vidéos disséminées dans toutes l’expo. écran tv au sol avec l’image d’un chat lappant du lait dans une coupe au sol. = sorte de fil d’Ariane au sol dans l’expo.
_ Dan Graham : interroge la relation entre espace privé et espace public, ainsi que la place du spectateur dans l’art et dans la société.
Body Press, 1970/1972 : Performance où les personnes se filment nus dans une pièce pleine de miroirs.
_ Bruce Nauman : Dans les années 70, il utilise tous les médiums : sculpture, performance, vidéo, etc. sauf peinture. Ici, œuvre récente mais artiste de référence de cinquante dernières années.
Test tape fat chance John Cage, 2001 : Images captées dans son atelier par une caméra infra-rouge laissée allumée la nuit. Puis, les images ont été retravaillées au montage.
= Absence de l’artiste, intimité du lieu de travail. Il y a en même temps tout à voir et rien à voir. Questionnement sur le temps, l’espace et le contrôle du travail artistique.
Hommage à John Cage.
Et si on jouait
Thèmes : Humour, jeu, enfance. Attitudes, rôle, caricature.
Le rire permet de transmettre une certaine lucidité. Les artistes présentés dans cet section se jouent de l’image de soi.
_ Fischli & Weiss : Œuvre commune depuis 1979.
2 films : caricature de deux attitudes anthropomorphiques : indifférence du chat et désir du chien.
_ Pierre et Gilles : actif depuis 1976.
_ Cindy Shermann : Untitled, 2004 : Clown : cirque/vie, gaîté/tristesse.
_ Aernout Mik : Artiste néerlandais. Utilise la vidéo de manière sculpturale. Met en scène des groupes de personnages. Regard sur le comportement humain dans des situations insolites (émeutes, scènes de pillage). Tout semble réaliste jusqu'à ce qu’un détail choque. Comportements inadéquats, éléments inattendus.
Organic Escalator, 2000 : Groupe de personnages bloqués ds un escalator. Mais côté carton pâte qui dédramatise. L’escalator n’est pas réel.
_ Anna Gaskell : Photos et vidéos s’inspirant des contes de fées : univers surréel entre rêve/cauchemar, jeu/horreur, connu/inconnu, fiction/réalité.
Magicass (1997) : 1ers travaux : inspiration des contes de Grimm : Peau d’âne.
Salle avec 4 œuvres de Gilbert and Georges : Appréhender leur travail sur pls périodes. Ils partent d’une image dans la culture de rue (affiche ou magazine) retravaillée en se mettant en scène.
Sujets : sexualité, intégrisme, islamisme, pornographie.
Œuvre monumentale : Blood tears spunk piss, 1996.
Interlude 1
Catalogues du travail des artistes en libre circulation.
_ Rosemarie Trockel
_ Dominique Gonzalez-Foerster
_ Piot Uklanski : Untitled (Skull), 2000.
Histoire de cinéma
Marque de l’histoire du cinéma dans le champ de l’image en mouvement.
Les artistes présentés se préoccupent de l’héritage du cinéma : déconstruction, appropriation, détournement. Ils interrogent nos connaissances et nos habitudes de spectateur.
_ Paul Pfeiffer : reconstitue la célèbre scène de Psychose.
Self portrait as a fountain, 2000 : allusion qu’avait Hitchcok d’apparaître dans ses films.
_ Rodney Graham
_ Francesco Vezzoli : Se parodie pour accéder au rand de star.
Marlene Redux : A true Hollywood story, 2000 : Vrai et faux documentaires. Sa bio accumule tous les traits habituellement utilisés pour romancer la vie des personnes publiques.
_ Douglas Gordon : Artiste britannique. Un des 1ers à utiliser l’image cinématographique comme matière.
Through a looking glass, 1999 : manipule un extrait de Taxi Driver où De Nira interprétant un psychopathe, menace son reflet dans la glace. L’artiste projette avec un léger décalage sur 2 écrans placés face à face, de manière à ce que le psychopathe se regarde doublement. Il crée un double face à face.
_ Pierre Huyghe : Travaille aussi à partir du cinéma.
L’Ellipse, 1998. Triple projection. Manipule le temps. Entre deux scènes du film de Wim Wender, L’Ami américain, il inclut une scène intermédiaire.
Histoire de vie et de survie
La réalité du monde actuel, l’urgence de notre monde et le paradoxe des sociétés dans les différentes cultures.
_ Adel Abdessemed (6 œuvres dans une pièce) dont Birth of love, 2003.
_ Shirin Neshat : Artiste irannienne, vivant à NY. Codes sociaux culturels et religieux des sociétés islamiques. Le rôle des hommes et des femmes.
Années 90 : elle utilise la vidéo comme support.
Rapture, 1999 : 2 récits parallèles : deux mondes hommes et femmes.
_ Steve Mc Queen
_ Anri Sala : Nocturnes, 1999.
_ Kendell Geers
Interlude 2
Le mot interlude est emprunté aux usages télévisuels, moment entre deux émissions, comme ici, une proposition atypique traversant 2 sections thématiques de l’exposition.
_ Tim Noble et Sue Webster : Forever,2001 : 3ème version.
_ Michel François : Bureau augmenté, 1998/2007.
Passage du temps
L’immortalité est le sujet des œuvres exposées. Les artistes parlent dans cette section de notre obsession de l’au-delà, de la mort, de nos croyances et espoirs. Idée d’une « fin » : fin d’une vie, mais aussi fin de l’expo.
_ Bill Viola : La première œuvre vidéo achetée par le Met est de B. Viola.
Going forth by day, 2002 : 5 projections : La naissance du feu/Le chemin/Le déluge/Le voyage/L’aube. Traitent du passage.
_ Gary Hill : Midnight crossing, 1997 : Manière dont notre cerveau tisse des relations entre perceptions, mots et idées. Remise en question de la conscience que nous croyons avoir de nous-même.
_ Ed Rusha : Untitled, 2002.
_ Andres Serrano :
- Black supper, 1991.
- Piss Christ,1987.
_ Hiroshi Sugimoto : Sa technique contribue à placer hors du temps des sujets qui nous détachent de l’instant.
- Pine tree landscape I & II, 2000. - The Last supper, 1999. L’artiste japonais a photographié des personnages de cire : dimension irréelle et intemporelle.
Olivia de S.
Droit de réponse : Un voyage éclairé au coeur de Paris

/ / / Voyage au Coeur de Paris – partie ½
Catacombes ou ossuaires, anciennes carrières, métro, RER, égouts, caves et parkings… les sous-sols de Paris constituent un gigantesque gruyère : tous ces réseaux qui sont indépendants les uns des autres, témoignent de l’histoire d’une ville et deviennent, à l’abri des regards, un terrain de jeux pour amateurs de sensations !
Simples touristes, cataphiles avertis, ou spéléologues confirmés, il y en a pour tous les goûts : les endroits à explorer, les réseaux à découvrir, les dédales de labyrinthes sont autant de moyens pour s’amuser, pour se faire peur, pour chercher LE lieu inconnu de tous, ou tout simplement pour se balader…
Dès leur création à la fin du XVIIIe siècle, suite à une saturation des cimetières parisiens, les catacombes (ou plus exactement, l’ossuaire officiel de la ville de Paris) ont toujours fascinées : en 1787, le futur Charles X y descendit. En 1814, François 1er, empereur d’Autriche, résidant en vainqueur à Paris les visita. En 1860, c’est Napoléon III qui y descendit accompagné de son fils. Mais depuis les années 60, apparaît un regain d’intérêt pour la visite de ces endroits interdits ; dans les années 1980, l’organisation de soirées mémorables auxquelles participaient beaucoup d’artistes, et de membres du show-business, ont également contribué à faire connaître aux parisiens l’endroit de leur ville qu’ils connaissent le moins.
Partie 1
/ / Éclaircissement – du calcaire à l’I.G.C :
Catacombes et carrières sont à différencier… Leur origine explique la raison pour laquelle tant de réseaux sous terrains existent sous Paris.
I – Les carrières :
> Un peu d’histoire :
Depuis que nos civilisations ont cherché à ériger les premières constructions durables, la pierre à bâtir a fait l'objet d'exploitations. Lieux de cultes, temples, ou habitations, la pierre constitue une richesse pour celui qui l'exploite, quelle qu'elle soit selon les ressources locales : granites, craie ou calcaire…
Du Ier au XIIe siècle, l’exploitation primitive du calcaire parisien s’effectue principalement au niveau du sud du 6e arrondissement actuel. Les morceaux gisant au sol sont tout d’abord rassemblés et utilisés, puis des bancs de roches compactes affleurant la surface sont ensuite exploités.
À partir du XVe siècle, l’amélioration des techniques d’exploitation de la pierre va permettre de développer les réseaux d’extraction via des puits verticaux, munis de roues de levage : le but étant de remonter des blocs toujours plus volumineux extraits du gisement.
Dès le XVIe siècle, face au développement de Paris et des cités avoisinantes, les carrières existantes alors ne pourvoient qu’en partie aux immenses besoins de pierres nécessaires aux constructions. Effectivement, les techniques d’extraction ne permettaient que l’exploitation de la moitié du gisement : chaque masse de pilier tourné1 laissé en place, constitue un manque à gagner important.
Mais au XVIIIe siècle, le rendement va être amélioré grâce à l’invention des hagues et des bourrages : les vides sont désormais remblayés par des déchets de construction, et consolidés par des murs de briques peu coûteux.
(1) Pilier tourné : masse calcaire non exploitée servant de pilier naturel à la carrière.

> L’âge d’or des maîtres carriers :
La production intensive de calcaire constituait le travail des carriers : du XVIIe au XIXe siècle, ces hommes devaient extraire des bancs de pierres selon deux techniques bien précises, le souchevage et le défermage : la première permettait de creuser entre différentes couches de pierres, tandis que la seconde permettait quant à elle, l’extraction à proprement parler des bancs de calcaires.
a) Souchevage :

b) Défermage :
Ces méthodes d'exploitation seront utilisées dans la capitale et dans toute la région parisienne. En 1810, un décret interdira définitivement toute exploitation des carrières souterraines à Paris, puis progressivement dans toute la région parisienne. Cette date va d’ailleurs coïncider avec une invention révolutionnaire : le béton.
Photo : Majestueuse carrière de gypse en banlieue parisienne avec étayage en bois. Ce lieu a vu se dérouler des soirées où plus de 1 000 personnes venaient y faire la fête.
> Les champignonnières :
La fin de l’exploitation des carrières, au début du XIXe siècle, a laissé d’immenses cavités souterraines abandonnées. Tous ces espaces devenus inutiles ne restent pas inexploités pendant longtemps puisque la découverte de la culture du champignon de Paris en 1811 par Chambry, un agriculteur de Passy, met bientôt fin à cette situation.
La température et l’humidité de l’air, parfaitement constant dans les carrières, ainsi que l’absence de lumière, favorisent cette culture.

Photo : une exploitation de champignons dans les sous-sols de Paris.
> L’inspection générale des carrières – I.G.C. :
a) Origine :
L'histoire de l'inspection des carrières va commencer dans ce contexte d'exploitation intensive des carrières de Paris et de sa région. Le sous-sol de la capitale et de sa proche banlieue a été considérablement creusé, laissant d'immenses vides abandonnés et à peine répertoriés. Sur des centaines d'hectares, pratiquement dénués de consolidations durables, reposent des constructions de plus en plus imposantes et toujours plus nombreuses.
De gigantesques effondrements se produisent : terrains, maisons, immeubles entiers… En 1774, une catastrophe va terroriser les Parisiens : l’engloutissement de la rue d’Enfer : plus connue aujourd'hui sous le nom de … boulevard Saint Michel !
À la suite de ce drame, les premières études se révèlent catastrophiques : les carrières souterraines sont immenses, totalement instables et rien n'a été prévu pour contenir ce danger imminent. Un service spécialisé va donc naître dans l'urgence en 1776 pour tenter d'y faire face : l’IGC.
L’IGC est donc la première à mettre en place une cartographie de plus en plus précise des sous-sols de Paris.

Photo : atlas souterrain de l’IGC de 1855.
b) Les techniques de consolidation :
Les ouvrages de l’IGC s'inspirent des consolidations plus anciennes et des progrès architecturaux de l'époque. Un remarquable souci du détail et du travail parfaitement réalisé est orchestré dans ces souterrains avec une débauche de moyens, de savoirs faire et d'ingénierie. La qualité du travail de la pierre, l'appareillage des maçonneries, et l'audace des ouvrages, sont comparable en tout point à des travaux réalisés en surface pour la réalisation de monuments prestigieux.

Photo : encorbellement sous l’église du Val de Grâce.

Photo : murs.
- … Et ??
Maintenant vous connaissez la raison de l’existence de réseaux sous terrains à Paris !
À suivre : les catacombes et le réseau actuel.
Attention : depuis le 2 novembre 1955, un arrêté préfectoral interdit tout accès et toute visite de ces lieux.
Guillaume de R.
Réponse éclairée d'une non participante ...
La petite cellule Géraldine nous a proposé de parler du thème des catacombes et a tenté d’établir une comparaison entre ces dernières et le monde du marketing. De fait, je vais essayer, sans pour autant qu’il s’agisse d’une réponse explicite à son travail, de vous donner mon point de vue de personne qui se faisait une joie de découvrir les profondeurs curieuses de Paris et qui, par un contretemps de dernière minute, n’a pu participer à cette aventure illicite ; point de vue donc d’une personne exclue de cet espace-cadre qu’est la société de marketing et qui ne pourra flamber en disant « je l’ai fait ».
Enfin mon point de vue, n’exagérons rien. En réalité, je vais simplement m’appuyer sur un article de l’AFP de 1997 pour vous proposer un point de vue journalistique de l’univers des catacombes, et essayer, en tant que petite peste qui n’en veut pas à toutes ces personnes qui ont pu aller à cette soirée de fin d’année originale, non je vous assure, je ne vous en veux pas d’en avoir profité sans moi, mais qui désire simplement, parce que je vous aime, vous montrer les risques inconsidérés que vous avez pris tout ça pour dire « je l’ai fait »…..ah je vous félicite…
Saurez-vous retrouvez les mots de la petite Soline qui se sont immiscés dans cet article ?
Les cataphiles font carrière
Que ce soit pour jouer ou pour découvrir une gargouille, 8000 personnes s'aventurent chaque année dans les catacombes de Paris (j’en connais au moins cinq ou six). Clandestinement (Parbleu, tu ne nous l’avais pas dit Guillaume !).
PRÈS DE 8000 amateurs clandestins s'aventurent chaque année dans les carrières souterraines de Paris, malgré leur interdiction au public et la fermeture systématique des accès depuis 1980 (mais par où êtes-vous dont passés ?).
Les amoureux des carrières et des catacombes, ou « cataphiles », qui bravent (si le mot « bravent » intervient, c’est parce qu’à partir de là, on passe la frontière , poreuse sans doute, de l’illégalité) un arrêté préfectoral de 1955 interdisant (c’est bien ce que j’avais dit …) la circulation dans les galeries, explorent une bonne partie des quelque 250 km de sous-sols où ils laissent libre cours à leur goût de l'insolite (soirée jambon saucisson vin rouge, pour faire insolite, qui dit mieux ?) et à leur intérêt pour un patrimoine méconnu. Leur présence est tolérée par les policiers de l'équipe de recherches et d'intervention en carrières (ERIC) – normal , y s’appelle comme mon père- de la 2è division de la police judiciaire parisienne. Les policiers ont d'ailleurs établi un « portrait robot»: le cataphile type est jeune (68 % ont moins de 25 ans) – ah ah…- , masculin (16 % de femmes seulement – bravo les filles, vous faites partie des téméraires) - , étudiant (41%) – bon, on y vient - et descend essentiellement le week-end – eh ben voilà, Géraldine nous parlait du moule sociétal, là vous êtes pile dedans !- . « Sous la capitale, on vit un authentique voyage dans le temps et l'espace. On est plongé dans le noir et le silence, c'est un retour à une joie primitive », explique un cadre d'une quarantaine d'années. « Dans le noir, on se libère, on peut laisser libre cours à notre fantaisie (cf. la bouteille de rosé bue entièrement par Géraldine, ou Claire qui s’amuse avec le « clafoutis » de l’eau)», renchérit un jeune chercheur au CNRS.
L'IMAGINATION AU POUVOIR
Obéissant à des rites, comme l'utilisation de pseudonymes aussi bizarres que « Claustrophile » ou « Pétroleum » (ça, je n’étais pas au courant…c’était quoi les vôtres, hein, dites, c’était quoi ?), et appartenant pour beaucoup à des cercles ludiques (no comment), les cataphiles mettent volontiers l'imagination au pouvoir. Certains descendent pour faire la fête (oui certes) ou jouer des percussions (un peu moins), d'autres, tailleurs de pierre ou peintres muraux, pour exercer leurs talents (de ce côté là, avec la bande qui est descendue le soir du 21 décembre, je n’ai rien loupé). Parmi les curiosités les plus appréciées, une gargouille et une tête de bouc sculptées dans un style gothique sous le 14è arrondissement (vous l’avez vu ça, hein, vous l’avez vu ? Même pô j’suis sûre !), la « méduse », une concrétion naturelle sous le parc Montsouris (ça c’était peut-être un peu loin), les petits hommes blancs du peintre Jérôme Mesnager ou des fresques murales, fantasmagoriques et bigarrées (et ça bien sûr, ça a l’air d’être le plus intéressant, mais y dit pas où c’est le journaliste, super, merci !). D'autres aiment à se retrouver dans des salles chargées de plus de deux siècles d'histoire : la tombe de Philibert Aspairt qui s'est perdu une nuit de 1793 dans les souterrains de la capitale (vous voyez que ça arrive !), l'abri des FFI sous le lion de Denfert-Rochereau ou la salle du « trou de la reine » (ça ne ressemble pas à la pièce dans laquelle vous avez mangé ?), le cabinet d'aisance d'Anne d'Autriche qui débouche à quelques dizaines de mètres sous le Val-de-Grâce. Le « tractage » compte parmi les activités favorites des cataphiles. Le jeu consiste à rédiger des textes sous la forme de tracts et à les dissimuler dans les recoins sombres des galeries. Influencés par la bande dessinée, volontiers fantastiques, parfois poétiques, les tracts servent d'instrument de communication entre leurs auteurs, mais aussi de tribune pour se faire reconnaître et accéder ainsi au rang de « catastar» (J’suis sûre que vous ne l’avez même pas fait, vous le tractage). Cible favorite des tracts, le commandant Jean-Claude Saratte de l'ERIC (mon papa, comme je viens de vous dire) est chargé de la sécurité publique et de la surveillance des entrailles de Paris. Il travaille en collaboration avec l'inspection générale des carrières (IGC) – lui je ne le connais pas), qui gère les lieux depuis 1977 et veille à la sécurité et à la consolidation de l'édifice (ben ouais, parce que vous allez voir, y a quand même vachement de risque, vous êtes complètement malades !).
QUELQUES RISQUES
Le commandant se définit volontiers comme « le père Fouettard » (ah ! ça vous fout les chtouilles ça déjà !) des galeries. « Je fais de la prévention plutôt que de la répression. Mon équipe vit en bonne intelligence avec les cataphiles, mais il n'y a pas d'ambiguïté. On est là pour éviter tout dérapage et verbaliser les récidivistes », précise-t-il. En effet, les carrières, à la différence de l'ossuaire aménagé sous la place Denfert-Rochereau (le musée des Catacombes), recèlent plusieurs dangers à l'origine de leur interdiction (tremblez vous tous !). Outre les agressions potentielles (déjà, c’est pas mal comme risque), le risque de contracter la leptospirose, une maladie transmise par les rats pouvant être mortelle (là, c’est carrément flippant et dégueu, parce qu’avec un peu de chance, c’est la maladie que l’on attrape avec l’urine des rats… je ne vous en dit pas plus, je sens que vos vous demandé si vous n’avez pas laissé traîné, ou ne serait-ce qu’effleurer, votre pain ou votre saucisson sur les parois de votre salle de réception), et le danger d'effondrement (un gruyère, je vous dit, un gruyère !), les mauvaises chutes constituent le principal type d'accidents (alors, vous autres, c’est qui qu’est tombé ? y en a bien au moins un non ?). « Mis à part quelques énergumènes qui s'amusent avec des fumigènes pour ajouter au mystère, les cataphiles ne sont pas bien méchants. Ils s'imaginent qu'ils vont découvrir un trésor », ironise Jean-Claude Saratte (il est drôle Jean-Claude Sarratte), avant de préciser que la présence d'excités néo-nazis ou satanistes tient plus du fantasme que de la réalité (alors là je suis déçue déçue déçue).
(AFP)
Voilà, je ne suis pas sûre d’être en règle avec le droit d’auteur, il faut que je relise mes cours, mais a priori, il s’agit d’un article de l’AFP, et les articles de l’AFP sont réemployés par d’autres magazines ou journaux, non ?
Je sais, j’ai voulu jouer la méchante petite peste, mais bon, je m’en doute bien que ça crève les yeux, et oui je vous l’avoue, je n’avais qu’une envie, moi, c’était d’y être aussi dans ces fichues catacombes, et de prendre des risques aussi !
Comme dirait un de ces fameux slogans qui a su marquer les esprits : « c’est ceux qui en parlent le plus qui en mangent le moins ». Vous avez tout compris.
L’obscurité du marketing à l’ombre des catacombes - propos éclairant ?
Le mode opératoire était le suivant : rendez vous à 20h métro Vavin, pour une déambulation nocturne dans les profondeurs du réseau lymphatique souterrain parisien. Tenue décontractée de rigueur (Guillaume nous assure qu’à certains moments l’eau atteindra nos cuisses), bonnets pour sauvegarder nos têtes (les plafonds sont regrettablement bas sous terre et les moulures des moins sympathiques pour les têtes nues), lampes torches…. Saucisson et fromage à l’appui, nous nous convaincrons toute la nuit du bien fondé culinaire de notre aventure. Beau programme en somme, et à 18h déjà l’excitation est à son comble. Flavie a dévoré la moitié de ses « choco bon » en cours de droit et se demande si il en restera assez pour notre escapade. Personnellement je fais la maligne en convainquant qui veut que « c’est tropfastochelesgrottesçafaitmêmepaspeurvousverrezjvousjuremoijsuisuneduremêmepasmal. »
A l’heure dite donc, une joyeuse bande d’amis sont au rendez vous. Et là j’ai comme un spleen. Une tache noire qui envahit ma poitrine, un super trou immense qui me vide de tout, pour me remplir de bon sens. Je n’arrive plus à rire. J’ai mis cinq pulls, j’ai trop chaud et j’ai froid dans le dos. Pardonnez-moi mais je trouve ça con d’aller se mouiller les pieds dans le fleuve des enfers par -5 degrés dehors. Guillaume lui est en super forme, il se fiche un peu de moi et m’assure qu’il connaît bien le chemin, qu’il y est allé plusieurs fois et qu’au pire si on reste coincé on a assez de saucisson dans nos sacs pour tenir une semaine... Super ça me rassure…
Je file au Macdonald et m’achète un « Royal Cheese », revient mais le trou dans mon ventre est toujours là. J’ai peur, c’est nul cette aventure en plus. Dans catacombe y’a catastrophe et un peu tombe aussi…Un ami m’envoie à ce moment un texto pour me dire que des gens sont restés plusieurs jours coincés ne trouvant pas la sortie. Merci les SMS, avec eux c’est la magie du direct qui se perpétue. J’aurais préféré le recevoir à la sortie ce message, si je sors vivante... D’autre part, si je ne peux pas être demain au repas de noël maman va m’en vouloir à vie. J’argumente un maximum mais Claire et Flavie sont hyper excitées, elles n’ont même pas peur, elles m’impressionnent. Elles sont totalement inconscientes oui ! Il n’empêche que si Guillaume nous perd à un tournant, on est mal, il n’y a que lui qui a la carte. Et elle est toute petite en plus. Je suis sûre que c’est une carte Mappy qu’il a imprimé à l’arrache avant de partir…
Le rapport de cette histoire avec notre blog me direz-vous…J’en viens rassurez-vous…
On entre, il fait nuit, on se suit à la queue le leu et on a tous un numéro (moi c’est le 6…j’aime pas le 6 ça porte malheur en plus) et à chaque tournant on se recompte, pour être sûr que l’on a perdu personne. Tous le monde rigole. Pas moi. Je ne sais pas où on va mais on y va et ç’est ça qui me fait peur. Le guide c’est pas nous, c’est pas Dieu. C’est Guillaume. Et nous on suit aveuglement notre berger. C’est rigolo parce que ça change et comme ça change il faut y être. Claire a senti comme une tension chez moi alors elle me parle pour me faire penser à autre chose, son thème : le débriefing de la soirée de la veille. C’est mouillé… Claire adore le bruit de l’eau quand on marche tous dedans c’est comme un clafoutis sonore qui rebondit sur les parois ; d’ailleurs la lumière des torches sur les parois avec l’eau elle trouve ça super beau aussi, elle s’en veut d’avoir oublié son appareil photo. C’est si beau qu’elle se cogne au plafond toutes les cinq minutes. Claire est dans la poésie, moi je suis dans le super spleen. Parfois les deux ça colle. Moi j’ai qu’une envie : décoller d’ici. Et là à ce moment les mots de Desproges refont surface (sans mauvais jeu de mots): « La seule certitude que j’ai, c’est d’être dans le doute ». Je suis absolument convaincue que j’ai complètement peur, et que je n’ai rien à faire ici. Je ne peux pas sortir, je n’en ai pas les moyens j’ai oublié de compter les derniers virages. Guillaume me propose de sortir, de me raccompagner. Mais ce serait laisser les autres ici sans guide, bousiller la soirée et prendre le risque qu’ils se perdent eux aussi…et accessoirement d’avoir l’air d’une trouillarde. Et Desproges qui me dit « Vivons heureux en attendant la mort », Il me reste un peu de cynisme pour rire de la situation.
Les murs se resserrent j’enlève deux ou trois pulls. Puis on s’installe, on mange et moi je commence et finis cette bouteille de vin rosé posée là, juste là, derrière un stalactite. Si les murs se resserrent désormais ça n’est plus le fruit de mon imagination mais bien la conséquence scientifiquement démontrable de l’effet de l’alcool sur nos perceptions visuelles. On parle avec Claire, Flavie et Guillaume, on se confie, la peur ça rapproche et là où l’on est personne ne peut nous entendre. « Non seulement Dieu n’existe pas, mais essayez donc de trouver un plombier pendant le week-end » (Woody Allen) Je n’en suis pas si sûre. Ce moment là était un très beau moment.
Le rapport avec notre blog me direz vous ? J’y suis.
Cette histoire est en fait prétexte à une analogie. La société actuelle peut être assimilée, personnellement je trouve, aux catacombes. Un espace clos, fermé, un espace-cadre avec des voies, des chemins et suffisamment de tournants pour nous faire croire à des choix. Très peu ont la carte. On s’y perd parfois, et agréablement. on s’y noie, souvent et avec ravissement(est-ce que les virgules sont à la bonne place). On se cogne trop vite aux parois et ça c’est sûr. Comme les catacombes, notre société est une machine, une machine consumériste. L’objectif du marqueteur pour vendre ses produits c’est d’être le guide. Un guide qui sortira le consommateur de la machina en lui proposant un produit. Le produit, son produit, c’est la porte de sortie, la sortie vers un paradis. Nous sommes ici car on nous promet un eden, on nous a vanté un eden. Nous sommes holistiquement convaincus à 360 degrés de cet eden. Le stratège du marqueteur c’est peut-être ça : être spirituel.
Dans une salle, des gens avaient sculptés une mini cathédrale dans la roche et il y avait de la cire dans les coins, vestiges de bougies et autres machines à espoirs. Je ne sais plus le nom de cette salle mais Guillaume peut être peut tu nous la rappeler ? (Il y a des noms aux salles et le réseau des cataphiles le connaît lui… :- )
Petit condensé de notes d’intention avant de continuer : Je ne cherche pas à faire une critique bas de gamme de notre société. On l’aime notre société, on a été fait avec et on l’accepte bien notre situation, c’est nous qui l’avons faite. Je ne cherche pas à démolir notre cours de communication multimédia fort instructif bien au contraire, il s’agit juste d’une tentative de lucidité basée sur un stress emotionnellement vraiment vraiment vraiment fort.
On se réalise par la consommation. On extériorise nos valeurs en affichant nos consommés de dernière minute. Si j’achète bio c’est bien parce que je respecte la planète non ? Notre quête à tous c’est de se trouver, de nous trouver, savoir qui l’on est, non ? Alors on se cherche un peu en achetant, on cherche ce qui nous ressemble. On s’achète un peu d’image par l’objet, par la nouveauté, par le signe. Difficile de mesurer son R.O.I, alors il faut surenchérir. Nous sommes des consommateurs de média, des consommateurs de message. De grands gestionnaires de messages.
